Angel Sins

Elle criait : Mouton, Mouton, Mouton !  gloussant de rire et virevoltant autour du vieux loup cerné, assis le regard ancré sur ces deux fesses divines, minuscules monticules de chair ingénue. J’ai inventé pour elle une méthode pour ne pas se tordre le cou devant le miroir à se mater le cul : prends moi. Oui, moi, ton vieux singé ridé balafré usé saturé blasé écorché. Utilises moi comme miroir parlant, si je ne parle pas d’ailleurs tu liras dans mes yeux cet ébahissement pour tes courbes, ces fentes et ces plis, tu sauras en un instant si oui ou non, ton cul parfait est bien mis en valeur.
La regarder est un vice quasi permanent, un drugstore ouvert 24h/24 où l’on ne sert que de la dure qui te rend accro et cinglé. Je reste là et puis d’un coup je pars dans mes rêveries, j’imagine sa vie :  la petite fille qu’elle était, les bêtises, puis ado, les seins qui poussent et les rushs sanguins qui lui envahissent la culotte, l’apprentissage rapide des secousses intimes seule puis à deux, les larmes et les orgasmes. Comment était son premier orgasme ? comme était son regard ? c’était où ? Ma curiosité, ce sale animal affamé qui rôde sans cesse autour de mes pensées, m’arrache du sol et me projette dans mille scénarios lubriques où il n’y a aucune interdit. Ta femme m’éveille, ta fille m’éveille, tout ce qui n’est pas à moi m’émoustille. Je ne chasse que les proies interdites, je ne me fais chasser que par des voleuses et des joueuses. Des femmes qui te ruinent en une soirée, qui te baisent comme elles misent au jeu. Je rentre parfois chez moi à toute vitesse, comme un lapin au amphétamines, je ferme les rideaux je descend mon jean et cherche une vidéo qui ressemble à ta femme, je me branle l’esprit autant que le reste au milieu d’une scène torride où elle me fixe droit dans les yeux en me demandant de la prendre, de la défoncer sur la table de votre cuisine, celle où tu déjeunes le matin les deux coudes ancrés juste là où le sperme a coulé et où elle s’est léché les doigts.
J’ai connu des Catherine et Corinne et une demi douzaine d’Isabelle, un wagon de Laetitia et de Valérie, des Joan des Lindsay et toute la tribu de prénoms exotiques que tu peux consommer sur les sites de baise sociale.
Celles qui sont restées plus longtemps qu’un coït ou deux, celles là étaient de farouches amazones, un type de prédatrice qui te lèche le visage avec tendresse puis te branle sur le balcon ou dans la voiture en t’encourageant. L’impudeur du geste fait pâle figure face à celle de l’esprit : les mots sont bien plus puissants que la chair et elles le savent. Elles sont celles qui, si tu réfléchis bien, qui ne t’ont jamais fait réfléchir une seule fois à une panne potentielle, parce qu’elles dressent des hordes de bites sur leur passage, parce qu’elles t’injectent un truc qui te rend totalement obsédé par leurs orifices, leurs mots, leurs positions. Si les femmes comprenaient leur véritable pouvoir sur les hommes, nous serions déjà attachés, dominés et serviles.
Je suis un voyeur, pas en groupe, pas en soirée organisée. Je suis un voyeur exclusif et insatisfait, je n’ai pas de limites dans le temps que je peux passer à regarder ce que toi tu ne vois pas, ou que tu ne vois plus chez ta partenaire de jeu. C’est une onde que l’on ne peut expliquer, je sais, elle sait. Un langage du désir interdit que l’on savoure sans que tu ne te doutes un seul instant du niveau de perversité qui flotte dans l’air.

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